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Jesse Antonio Fernandez was born in Habana in 1925. When he was seven years old, he moved with his mother and brother to Asturias (Spain), their original region, to escape from the dictatorship of Gerardo Machado. In 1936, the Spanish Civil war starts and the family returns to Cuba, with the last boat leaving from Santander. “I arrived in Cuba and suffered from a cultural shock… then, as I am very ‘habanero’, I spend my youth to the rhytm of ‘danzon’.”

At fifteen, Jesse A. Fernandez enters the Academia de Bellas Artes de San Alejandro de La Habana. Gifted for painting, he studies there a few years, afterwards he moves to Philadelphia to study as an electronic engineer, a path he quickly abandons to devote himself to art. In New York, he studies painting under the guidance of George Grosz and Preston Dickinson. In 1948, he meets Wifredo Lam who introduces him to the European painters living in New York at that time: Marcel Duchamp, Esteban Frances, Frederic Kiesler. At the gatherings of the Painters’ Club on 8th street, he meets Willem de Kooning, Jackson Pollock, Robert Motherwell, Milton Resnick.

Between 1952 and 1954, he works for an advertising agency in Medellín (Colombia) where he meets Fernando Botero and Gabriel García Márquez. He begins to take photographs: “Photography became a form of contact with reality. This is where I developed my own technique. I didn’t know anything about photography, not even what a diaphragm was. However, I locked myself up with tons of books and I learnt. I am highly purist and I was influenced by Henri Cartier-Bresson and Walker Evans.”

Back in New York, he works as a photojournalist and, distributed by Gamma, his photographs are published in the great magazines. In 1958, he becomes Art Director at the magazine Visión. He travels throughout Central America, before photographing, in 1959, at the request of his friend Guillermo Cabrera Infante, Fidel Castro and the early months of the Cuban revolution for the newspapers Revolución and Lunes de Revolución.

At the end of 1959, he returns to New York and dedicates himself to painting. “When I returned to New York, I had changed and I decided to start from scratch. It was then that the first skulls appeared. Many of these skulls are landscapes. And I began over and over again. The day arrived when, in my view, I had done away with the symbolism. It was just a question of space.” Living in the Village, he meets regularly Jorge Luis Borges, Joan Miro, Antoni Tapies, Antonio Saura, and teaches at the School of Visual Arts.

At the end of the 60s, still teaching in New York, he alternates his work with stays in Puerto Rico, in quest of a setting more conducive for creativity. He also begins to write as an art critic for the San Juan Star.
From 1974 to 1976, he lives between Toledo, that he considers “the most beautiful town in the world”, and Madrid where his work is regularly exhibited, especially his “boxes” – symbolic synthesis of association between his personal reading of history and universal culture. In 1977, he settles in France where he takes photographs of architecture and portraits of artists such as Joan Mitchell, Francis Bacon, Henri Moore… while participating to a large number of personal or group exhibitions.

At the beginning of the 80s are published Retratos, gathering his numerous portraits of artists and writers, and Les Momies de Palerme, an “hallucinating report”, will write Dominique Fernandez, the result of two months spent photographing the catacombs of the Capuchin in Palermo.
 Jesse A. Fernandez dies in Neuilly-sur-Seine on March 13th 1986, and is buried at the Père-Lachaise cemetery.

Important retrospectives have allowed to uncover the work of Jesse A. Fernandez, at the National Museum of Art Reina Sofia in Madrid in 2003, at the Maison de l’Amérique latine in Paris in 2012 and at the Nelson Atkins Museum of Kansas City in 2016. 
His works appear in the collections of the MoMA and the Museo del Barrio in New York, in Centre Pompidou in Paris, in the National Museum of Art Reina Sofia in Madrid, and in many private collections.

Jesse Antonio Fernandez naît à La Havane en 1925. A sept ans, il part avec sa mère et son frère s’installer dans les Asturies, leur région d’origine, pour fuir la dictature de Gerardo Machado. En 1936, la guerre d’Espagne débute et la famille retourne à Cuba, à bord du dernier bateau quittant Santander. « À mon arrivée à Cuba, j’ai été confronté à un choc culturel… puis, comme je suis très cubain, j’ai ensuite passé ma jeunesse au rythme du ‘danzón’. »

A quinze ans, Jesse A. Fernandez entre à l’Académie des beaux-arts San Alejandro de La Havane. Doué pour le dessin, il y est élève quelques années, puis part à Philadelphie suivre des études d’ingénieur électronique, une voie qu’il abandonne rapidement pour se consacrer à l’art. À New York, il étudie la peinture avec George Grosz et Preston Dickinson. En 1948, il rencontre Wifredo Lam qui le présente aux artistes européens vivant alors à New York : Marcel Duchamp, Estéban Frances, Friedrich Kiesler, entre autres. Aux réunions du « Painter’s club » de la 8e rue, il se lie avec Willem de Kooning, Jackson Pollock, Robert Motherwell, Milton Resnick.

Entre 1952 et 1954, il travaille dans une agence de publicité à Medellín (Colombie), où il rencontre Fernando Botero et Gabriel García Márquez. Il commence la photographie : « elle devint pour moi une forme de contact avec la réalité. C’est là que j’ai trouvé ma propre technique. Je ne connaissais rien à la photo, je ne savais même pas ce qu’était un diaphragme. Je m’enfermais avec des tonnes de livres et j’ai appris. Je suis un puriste et j’ai été influencé par Henri Cartier-Bresson et Walker Evans. »

De retour à New York, il travaille comme photoreporter et, diffusées par Gamma, ses photographies sont publiées dans les grands magazines. En 1958, il devient directeur artistique du magazine Visión. Il voyage dans toute l’Amérique centrale avant de photographier, en 1959, à la demande de son ami Guillermo Cabrera Infante, Fidel Castro et les débuts de la révolution cubaine pour Revolución et Lunes de Revolución.

Fin 1959, il repart à New York et se consacre à la peinture : « À mon retour à New York j’avais changé et je décidais de repartir à zéro. C’est alors que les premiers crânes apparurent. Beaucoup de ces crânes sont des paysages. Et je recommençais sans cesse. Le jour arriva donc où, à mon sens, je m’étais débarrassé du symbolisme. C’était juste devenu une question d’espace. » Habitant le « Village », il rencontre régulièrement Jorge Luis Borges, Joan Miro, Antoni Tapies, Antonio Saura, et enseigne la peinture à la School of Visual Arts.

À la fin des années 1960, en quête d’un environnement plus favorable à la création, il alterne son enseignement à New York avec des séjours à Porto Rico, où il écrit des critiques pour le San Juan Star et expose son travail.
De 1974 à 1976, il vit entre Tolède, qu’il appelle « la plus belle ville du monde », et Madrid où son travail est régulièrement exposé, notamment ses « boîtes » – synthèse symbolique d’associations entre sa lecture personnelle de l’histoire et la culture universelle. En 1977, il s’installe en France où il réalise des photographies d’architecture et des portraits d’artistes comme Joan Mitchell, Francis Bacon, Henri Moore, tout en participant à de nombreuses expositions personnelles et collectives.

Au début des années 1980 sont publiés Retratos, rassemblant ses nombreux portraits d’artistes et d’écrivains, et Les Momies de Palerme, « reportage hallucinant », écrira Dominique Fernandez, fruit de deux mois de prises de vues des milliers de momies des catacombes du couvent des Capucins. Jesse A. Fernandez meurt à Neuilly-sur-Seine le 13 mars 1986 et repose au cimetière du Père-Lachaise.

Des rétrospectives importantes ont permis de redécouvrir le travail de Jesse A. Fernandez, au Musée national d’art Reina Sofia à Madrid en 2003, à la Maison de l’Amérique latine à Paris en 2012 et au Nelson Atkins Museum à Kansas City en 2016. Ses œuvres figurent, entre autres, dans les collections du MoMA et du Museo del Barrio à New York, du Centre Pompidou à Paris, du Musée national d’art Reina Sofia à Madrid, ainsi que dans de nombreuses collections privées.

Jesse Antonio Fernández nace en La Habana en 1925. A los siete años abandona su isla natal en compañía de su madre y su hermano, huyendo la dictadura de Gerardo Machado. En España se instala en Asturias, la tierra de sus padres. Al estallar la guerra civil española, en 1936, su familia regresa a Cuba a bordo del último barco procedente de Santander. “A mi llegada a Cuba experimenté un verdadero choque cultural… pero, como soy muy cubano, pasé sin problemas mi juventud a ritmo del ‘danzón’.”

Dotado para el dibujo, a los quince años de edad, Jesse A. Fernández ingresa en la Academia de Bellas Artes de San Alejandro en La Habana. Pocos años después, se traslada a Filadelfia para iniciar estudios de ingeniería electrónica, una carrera que pronto abandonará para dedicarse exclusivamente al arte. En Nueva York, estudia pintura con George Grosz y Preston Dikinson. En 1948, conoce a Wilfredo Lam quien le facilita el encuentro con artistas europeos residentes en la época en Nueva York: Marcel Duchamp, Estéban Francés y Friedrich Kiesler, entre otros. En las reuniones del “Painter’s Club” de la Octava calle, entabla amistad con Willem de Kooning, Jackson Pollock, Robert Motherwell y Milton Resnik.

Entre 1952 y 1954, trabaja en una agencia de publicidad en Medellín (Colombia). Allí conoce a Fernando Botero y a Gabriel García Márquez. Es allí mismo donde inicia su andadura como fotógrafo: “la fotografía es para mí una forma de contacto con la realidad. Es allí donde encontré mi propia técnica. No tenía ni idea de lo que era la fotografía, no sabía ni lo que era un diafragma. Me encerraba con toneladas de libros y así conseguí aprender. Soy un purista y en mi trabajo se nota la influencia de Henri Cartier-Bresson y de Walker Evans.

De vuelta a Nueva York, trabaja como foto-reportero y, a través de Gamma, sus fotografías se publican en importantes revistas de la época. En 1958 es nombrado director artístico de la revista Visión. Viaja por toda América Central y fotografía, en 1959, a petición de su amigo Guillermo Cabrera Infante, a Fidel Castro y los inicios de la revolución cubana para Revolución y Lunes de Revolución.

A finales de 1959, regresa a Nueva York y se dedica a la pintura: “De vuelta a Nueva York me di cuenta de que había cambiado y decidí comenzar de cero. Es así como surgieron las primeras calaveras. Muchas de esas calaveras son paisajes… Recomenzaba una y otra vez. Había llegado el día en que, a mi modo de ver, me había librado del simbolismo. Era simplemente una cuestión de espacio.” Como vecino del “Village”, coincide frecuentemente con Jorge Luis Borges, Juan Miró, Antoni Tápies, Antonio Saura, e imparte clases de pintura en la School of Visual Arts.

A finales de la década de los 60, en búsqueda de un clima favorable a la creación, alterna la docencia neoyorkina con estancias en Puerto Rico donde escribe críticas para el San Juan Star y donde también expone sus trabajos.
Entre 1974 y 1976, vive entre la ciudad de Toledo, a la que considera “la más bella ciudad del mundo”, y Madrid donde expone con regularidad, especialmente sus “cajas” – síntesis simbólica de asociaciones entre su lectura personal de la historia y la cultura universal. En 1977 se instala en Francia donde realiza fotografías de arquitectura y retratos de artistas como Joan Mitchell, Francis Bacon, Henri Moore. También participa en numerosas exposiciones personales y colectivas.

A principios de los años 80 se publica Retratos que reúne sus numerosos retratos de artistas y escritores y Les Momies de Palerme, “reportaje alucinante”, según Dominique Fernandez, fruto de dos meses de tomas de miles de cuerpos momificados de las catacumbas sicilianas. Jesse A. Fernández muere en Neuilly-sur-Seine el 13 de marzo de 1986, y sus restos mortales descansan en el cementerio parisino de Père-Lachaise.

Importantes retrospectivas celebradas en el Museo nacional de Arte Reina Sofía de Madrid, en 2003, en la Maison de l’Amérique latine, en París, en 2012 y en el Nelson Atkins Museum de Kansas City, en 2016, han permitido redescubrir la obra de Jesse A. Fernández. Sus obras figuran, entre otras, en las colecciones del MoMa y del Museo del Barrio en Nueva York, del Centre Pompidou en París, o del Museo nacional de Arte Reina Sofía en Madrid, así como en numerosas colecciones privadas.